La santé chez le chien

Extrait du livre de Gaston DUTHEIL
Le Beagle, ma passion
publié aux Éditions MARADI.


Vaccinations

De nos jours, les vaccinations sont bien ancrées dans les moeurs de la cynophilie. De nombreux vaccins existent, depuis plusieurs années, pour immuniser l'espèce canine contre de redoutables, voire mortelles maladies infectieuses.

Le vaccin injecté stimule le système de défense immunitaire du chien, de telle sorte que celui-ci est protégé contre la maladie et à l'abri d'une réaction vaccinale.

Les vaccins sont préparés soit à partir de virus vivants modifiés ou inactivés, soit à partir de bactéries ou d'extraits bactériens. La dose vaccinale est identique quels que soient la race, la taille ou le poids. Actuellement, les laboratoires commercialisent des associations de vaccins très efficaces: Carré, hépatite, parvovirose, leptospirose. Seul, le Pirodog (vaccin de la Piroplasmose) ne peut être associé qu'à la valence rage ou leptospirose.

* Voie d'administration du vaccin. Le mode d'injection du vaccin figure sur le mode d'emploi élaboré par l'institut producteur (IV: intraveineuse, SC: sous cutané, IM intramusculaire). Pour la rage, l'injection intramusculaire est impérative. Il est déconseillé de faire vacciner des chiens en mauvaise santé, en état de dénutrition ou en période d'incubation. De même est exclue l'utilisation concomitante de corticoïdes.

* Vaccination du chiot. Grâce au colostrum du premier lait de sa mère, le chiot se trouve immunisé durant les premières semaines de son existence. Si la première vaccination contre la parvovirose peut intervenir dès la 6ème semaine, pour les autres il est préférable d'attendre la 7ème ou la 9ème semaine.

* Maladie de Carré (C). Cette vaccination est conseillée à partir de la 7ème semaine avec rappel un mois plus tard pour consolider l'immunité. En cas de vaccination après 12 semaines le rappel est inutile.

* Hépatite contagieuse (H). Ce vaccin est associé à celui de la maladie de Carré d'où deux injections à un mois d'intervalle.

* Parvovirose (P). Le vaccin n'est pas recommandé avant la 6ème semaine avec rappel un mois plus tard. En élevage contaminé, des injections tous les 8 jours seront pratiquées à partir de la 6ème semaine.

* Leptospirose (L). Cette maladie bactérienne se combat à l'aide d'un vaccin élaboré à partir de bactéries inactivées et injecté en deux fois, à un mois d'intervalle, jamais avant l'âge de deux mois.

* Délais de protection après vaccination :

  • - Maladie de Carré: 48H (en IV), 5 jours (en SC)

  • - Hépatite: 4 jours (en IV), 6 jours (en SC)

  • - Parvovirose: 4 jours quelle que soit la voie

  • - Leptospirose: 8 à 9 jours (en SC ou IM)

* Vaccination antirabique. Pratiquée à l'aide d'un vaccin adjuvé, elle nécessite une seule injection. Avec un vaccin inactivé, deux injections sont nécessaires, espacées de 21 à 30 jours. La protection débute un mois après l'injection et dure un an.

* Rappels. Pour la rage, leptospirose, piroplasmose: 1er rappel 1 an après, rappels ultérieurs tous les ans. Pour la maladie de Carré et la parvovirose: 1er rappel 1 an après, rappels ultérieurs tous les 2 ans. Pour l'hépatite contagieuse, rappel tous les cinq ans.


Vermifugation

Le chien est la cible, toute sa vie, d'un envahissement parasitaire nécessitant des traitements efficaces et judicieux. Des dizaines d'espèces de vers peuvent l'investir, notamment au niveau du tube digestif.

Les vers nommés (helminthes) se répartissent en deux groupes: les cestodes (ténias) plats et segmentés et les nématodes (vers ronds). Les premiers sont, généralement, bien tolérés. Les seconds, parfois transmis de la mère à ses petits, sont à l'origine de troubles importants.

* Pourquoi vermifuger ?

Certains vers ronds (ascaris) peuvent mettre en péril la vie d'un jeune chien. En grande quantité, leur présence dans l'intestin est susceptible de former des pelotes avec possibilité d'occlusion intestinale. D'autres, les ankylostomes, peuvent provoquer une anémie mortelle chez le chiot. Insidieusement, le parasitisme s'exprime par un mauvais développement du sujet en pleine croissance, un pelage terne ou du rachitisme.

* Transmission. Par ses matières fécales, le chien contaminé élimine une multitude d'oeufs du parasite qui ont cette capacité de demeurer dans le sol plusieurs années, grâce à une résistance peu commune. Les larves des vers ronds (ascaris, ankylostomes, trichures) risquent d'infecter les autres chiens ou de réinfecter le sujet primitivement parasité. Les oeufs des vers plats ne peuvent que se développer sur un autre animal, l'hôte intermédiaire. Enfin, la transmission du parasite peut s'exercer in utero (pendant la gestation) ou par le lait (ascaris, ankylostomes et anguillules) de sorte que 90 % des chiens sont, bien souvent, parasités à leur naissance.

* Contamination humaine. Un chien parasité constitue un danger pour son entourage en raison des maladies transmissibles qu'il peut véhiculer nommées "zoonoses". Les enfants qui jouent avec un chien parasité risquent d'ingérer des oeufs d'ascaris qui, migrant dans l'organisme, sont de nature à développer des troubles oculaires. Les oeufs du ténia échinocoque sont encore plus dangereux qui donnent naissance dans le foie à un kyste hydatique.

* Avec quoi vermifuger ? Dans les cas douteux quant à la nature des parasites, vers plats ou vers ronds, il est impérieux de consulter un vétérinaire seul capable de choisir le vermifuge (anthelminthique) à administrer, après analyse coprologique. Parmi les vers ronds, les trichures sont certainement, les plus réticents à éliminer. Leur présence se manifeste, chez le chiot, par des selles molles et sanguinolentes.

* Comment vermifuger ? La vermifugation se pratique soit après une diète, soit avec le repas, soit par injection. Mes chiots sont vermifugés vers le 21ème jour, ensuite tous les 15 jours jusqu'à 2 mois, puis tous les mois jusqu'à 6 mois à l'aide d'un sirop à base de Pipérazine. Chez une chienne, la vermifugation doit être pratiquée avant les chaleurs et 2, 4, et 6 semaines après la mise bas. Les adultes sont vermifugés au moins deux fois l'an à l'aide d'un vermifuge approprié.

* Mesures d'hygiène. Elles consistent à empêcher la contamination en rationalisant l'alimentation, en procédant à un déparasitage externe et à une désinfection fréquente de la niche ou du chenil à l'aide de l'eau de Javel, le meilleur des antiseptiques.

Pour éviter une éventuelle colonisation parasitaire, le Beagle doit, aussi, pouvoir évoluer dans un habitat convenable, confortable et sécurisant.

En appartement, la proximité, l'hiver, d'un radiateur trop chaud, n'est pas recommandable. Dehors, il est important que sa niche soit surélevée de 30 cm par rapport au sol. Un plancher en bois de chêne, hêtre ou peuplier, à l'aide de planches bouvetées, une exposition à l'abri du vent du Nord, une cour d'ébats au sol cimenté, clôturée par une murette en parpaings de 40 à 60 cm, surmontée par un grillage double torsion d'un mètre cinquante de haut sont, déjà, des ingrédients acceptables au maintien de son équilibre et de sa santé.

Pour clore ce chapitre et au risque de me répéter, j'insiste sur l'approvisionnement du Beagle en eau propre et renouvelée, sur le nettoiement - après usage - des ustensiles, seaux ou gamelles nécessaires à son alimentation, à celle d'une meute ou d'un équipage.


Intoxications

Comme tous les chiens en général, les Beagles sont sujets aux intoxications domestiques: insecticides, molluscicides, rodenticides, toxiques industriels, plantes toxiques, morsures, notamment de serpents et piqûres d'insectes. Curieux par nature, gourmand par habitude, le Beagle est tenté de goûter à tout ce qui l'entoure. Les symptômes d'une intoxication sont variés, souvent délicats à appréhender et s'expriment par des signes nerveux, digestifs ou hématologiques.

  • - Les insecticides. Lorsque les doses sont respectées par le manipulateur, ces produits restent inoffensifs; dans les autres cas, l'ingestion de la plupart d'insecticides peut provoquer des troubles sérieux: diarrhées, vomissements, convulsions, méfaits sur la vision, coma.

  • - Molluscicides et rodenticides. Le métaldéhyde qui est employé pour tuer les limaces, est d'une telle appétence que le chien l'ingère volontiers. L'intoxication qui suit est dominée par des symptômes nerveux, digestifs, cardiaques ou respiratoires. L'intoxication par la strychnine (aujourd'hui réglementée) pour éliminer les rongeurs, provoque des crises tétaniques, une excitation anormale, une hypersalivation et la mort par asphyxie.

  • - Toxiques industriels. L'antigel et sa saveur sucrée attire le chien. L'intoxication qu'il génère se traduit par une insuffisance rénale et tous les effets secondaires déjà énoncés. Le pronostic de guérison est réservé. Les intoxications par le plomb (léchage de peintures, linoléums, mastic), par les détergents et dérivés pétroliers, sont justiciables d'un traitement symptomatique rapide pour être efficace.

  • - Plantes toxiques. Certaines plantes ornementales tel le Rhododendron ou des plantes d'appartement dont le Philodendron tentent les chiens. Par jeu ou par ennui, dehors ou à la maison, ils mâchent les feuilles ou les baies. Une macération prolongée de rhododendron peut provoquer la mort.

Face à un problème d'intoxication dont on ignore l'agent toxique, il est urgent de conduire son Beagle chez le vétérinaire.

  • - Les morsures de serpent. Comme tous les chiens de chasse, le Beagle est exposé aux morsures de serpents venimeux, essentiellement les vipères. En France, trois espèces sévissent: la vipère péliade, la vipère aspic et la vipère d'Orsini qui s'activent, le plus fréquemment en septembre et octobre. Il y a deux ans, un de mes Beagles a été mordu le 24 février à un membre postérieur. Si la morsure a lieu sur un membre, outre la manifestation d'une douleur, le chien peut être affligé d'une légère boiterie. Il est anxieux, contrit, penaud, abattu et cherche à rejoindre son maître. La trace de la morsure - qui n'est pas toujours apparente - se caractérise par deux piqûres de 1 à 2 millimètres de diamètre, distantes l'une de l'autre d'environ 6 à 8 mm. Selon la région atteinte, l'enflure n'est pas automatique. Une morsure à la langue peut entraîner la mort par asphyxie. L'emploi du sérum antivenimeux, seul, n'évite pas les complications vasculaires ou sanguines induites par l'agent toxique et, parfois, aggrave le mal au lieu de le soulager. Pour avoir été confronté à cette situation, je préconise l'utilisation des antifibrinolytiques associés à un corticoïde. Enfin, l'injection d'Héparine peut se justifier parfaitement.

  • - Les piqûres. L'été, lorsque votre Beagle vit en plein air, se promène dans le jardin ou à la campagne, il peut être piqué par des insectes nommés "hyménoptères". Ce sont principalement les guêpes, abeilles à miel et frelons dont l'organe vulnérant demeure, le plus exacerbé, chez les femelles. Cliniquement, les effets de ces piqûres, se traduisent, surtout, par des réactions locales (zone oedémateuse entourant une papule). Si le chien a été piqué sur le nez un oedème volumineux prolifère sur le chanfrein. Graves sont les atteintes de la cavité buccale dès lors que le gonflement de la région du larynx risque d'entraîner l'asphyxie. La thérapeutique locale, par application d'une pommade anti-inflammatoire, parvient à calmer la douleur et résorber l'oedème. En cas d'oedème laryngé, la corticothérapie d'urgence par voie intraveineuse est indispensable, associée à un sondage trachéal.


Dans l'attente du vétérinaire

Quelques conseils pratiques

Dès que l'état d'urgence est réellement diagnostiqué, le vétérinaire doit être immédiatement consulté par téléphone afin que le chien reçoive les premiers soins.

Les urgences auxquelles la médecine vétérinaire est le plus fréquemment confrontée sont d'ordre cardiorespiratoire (oedème aigu du poumon, syncope cardiaque), vasculaire (hémorragies), gastrique (obstruction oesophagienne), neurologique (coma, convulsions, commotion cérébrale), ainsi que la fracture des membres.

Les piqûres par animaux venimeux ou celles par insectes ayant entraîné un oedème de Quincke (urticaire géant avec gonflement des paupières, des babines et du museau), les épillets dans le conduit auditif et les intoxications relèvent du traitement d'urgence.

Le Beagle, chien de chasse, est très souvent exposé aux agressions de l'épillet (partie supérieure de la tige de certaines graminées), il se gratte l'oreille, la penche, la secoue. La solution consiste à le conduire d'urgence chez le vétérinaire pour que celui-ci saisisse le "vagabond" à l'aide d'une pince crocodile, après visualisation à l'otoscope. La non-intervention peut provoquer un catarrhe aigu, très douloureux. Lorsque vient l'été, je recommande aux propriétaires de Beagles dont le système pileux est développé, de procéder à un toilettage minutieux de la région auriculaire en débarrassant le conduit des trop nombreux poils qui viendraient à l'obstruer.

La pratique de la chasse soumet le Beagle aux risques de blessures par armes à feu, aux accidents sur la route. Les traces des plombs ayant pénétré le corps par ricochet, sans atteindre les organes vitaux sont, parfois, décelées à l'occasion d'une radiographie. Dans d'autres cas, où la décharge accidentelle provoque une hémorragie interne, le chien meurt dans les quinze minutes qui suivent, sans aucune possibilité de survie.

Les fractures, quant à elles, sont dues, dans 80 % des cas, à des accidents de la circulation. La fracture est partielle ou complète, fermée ou ouverte, multiple ou segmentée, transverse ou oblique, avec ou sans déplacement, avec ou sans esquilles. Le chien boîte, souffre et se trouve dans l'incapacité de poser son pied sur le sol. Le membre atteint ballote à chaque mouvement. Il doit être manipulé avec précaution, posé sur un support rigide, à défaut dans un plaid, placé sur son flanc (décubitus latéral) et transporté d'urgence chez le vétérinaire qui décidera du traitement à appliquer, après radiographie.

Le coup de chaleur est très grave. Manquant d'air dans une voiture ou avec 42deg. C sous le soleil, le chien est en danger de mort, bave, se déshydrate, ses muqueuses virent du rouge sombre congestif au bleu inquiétant, avec risque de congestion cérébrale ou oedème pulmonaire. Dans pareil cas, ne pas hésiter à employer draps ou serviettes mouillés ou liquide réfrigéré avant toute intervention du vétérinaire.

Lors d'une hémorragie externe, à l'extrémité d'un membre, il est recommandé de placer ce dernier sous un mince filet d'eau froide.

Au cours d'un arrêt cardiaque, il faut essayer de ranimer le chien et lui tirer la langue plusieurs fois en ménageant de brefs intervalles.

S'il s'agit de convulsions, il est conseillé d'envelopper le chien dans une couverture pour le transporter.

Face à une plaie, après l'avoir fait saigner et coupé les poils tout autour, il est important de bien laver la partie atteinte en utilisant de l'eau oxygénée. Cette dernière possède deux propriétés:

  • 1. elle arrête l'hémorragie grâce à son activité hémostatique

  • 2. l'action mécanique des bulles qu'elle contient, nettoie les débris cellulaires.

Après avoir tamponné la plaie au mercurochrome et posé une compresse, il est nécessaire d'enserrer le tout à l'aide d'une bande collante, préalablement humidifiée avec de l'éther pour qu'elle adhère au poil.

La trousse de soins

Pour traiter les pathologies les plus bénignes ou pour assurer des soins d'urgence, que ce soit à la maison, au chenil ou à la campagne, tout propriétaire de Beagle doit posséder une trousse à pharmacie contenant un matériel minimal, notamment:

  • - un thermomètre (la température d'un chien est, normalement comprise entre 38deg. C et 38deg.5 C),

  • - le nécessaire à pansements: coton, bande type élastoplaste, compresses 20x20 stériles,

  • - une palette de médicaments tels que mercurochrome, eau oxygénée, alcool, alcool iodé, éther, vaseline, vermifuge, antidiarrhéïque auxquels il est utile d'adjoindre, seringue, aiguilles ainsi qu'un corticoïde à action rapide.

Enfin, les produits antivenimeux, de type antifibrinolytiques destinés à juguler la toxicité du venin véhiculé par morsure de serpent dont le Beagle, comme tout chien de chasse, est, quelquefois, la cible, sont à inclure dans la liste des médicaments de première nécessité.

Note : Selon une légende, un oeuf pondu le Jeudi Saint, absorbé dur, par un chien de chasse, le Lundi de Pâques, atténuerait les risques de morsures de vipères.


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